Nieuwsbrief
La Lettre du Temps Retrouvé
Septembre 2026
La rentrée littéraire de septembre 2026
(seconde partie)
Les choix du Temps Retrouvé


Rappel des événements à venir
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Nathacha Appanah
Le vendredi 6 novembre 2026, à 19 heures
Réservation obligatoire sur
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RESERVATIONS : Nathacha Appanah
Un entretien mené par Pierre-Pascal Bruneau de la librairie française, Le Temps Retrouvé.
Een interview door Pierre-Pascal Bruneau (in het Frans) van de Franse boekhandel, Le Temps Retrouvé.
Cet événement est organisé par la fondation L’Échappée Belle en association avec l’Institut français des Pays-Bas et avec le soutien duCentre National du Livre.
Deze avond wordt georganiseerd door de stichting l’Échappée Belle, in samenwerking met l’Institut français des Pays-Bas en dankzijn de steun van Centre National du Livre.

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Le samedi 31 octobre 2026, à 10h30
Réservation obligatoire sur
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RESERVATIONS : Écoutez les nouveautés
La Lettre du Temps Retrouvé
Pour cette seconde Lettre consacrée à la rentrée littéraire de septembre 2026, des romans, essais, récits et bandes dessinées que nous avons aimés.
Luz, marqué à jamais par le massacre du 7 novembre de l’équipe de Charlie Hebdo, passe sa Nuit au musée, la collection des éditions Stock, au Centre Pompidou. Fermé au public pour raison de désamiantage, il ère, de salle en salle, crayon et carnet de dessin en mains, parmi les œuvres empaquetées. Avec le nouveau livre de Laure de Chantal vous saurez tout sur les Amazones, ce qui relève de la légende et leur véritable histoire, et puis Jean-Marie Rouart vous fera découvrir son Paris des écrivains.
Côté BD, Catherine Meurisse revisite Thoreau avec Le clan de Walden(Dargaud)et Pascal Rabaté nous plonge dans le Berlin des années trente avec L’enfance des ruines (Éditions Rue de Sévres).
Enfin, pour les enfants, le dernier tome d’Anatole Latuile est sorti (fin août) et puis L’atelier Grand-Feuille, le premier tome d’une nouvelle série, Les Contes de Bellécorce, superbement illustrée chez l’École des Loisirs.
Les nouveautés du mois d’octobre, comme L’éléphant (Gallimard), le superbe nouveau roman de Patrick Modiano ou Je change de nom (Flammarion), le récit de Christine Angot, seront revus dans notre prochaine lettre à paraitre au mois de novembre.
Romans
Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Lucie Rico
(Deuxième sélection du Prix Fémina)

P.O.L.
Date de parution : 20 Août 2026
ISBN : 9782818060636, 272 pages
« Ou peut-être étais-je simplement en train d’assister à la construction d’un récit où je devenais le problème, seulement parce que j’avais posé une question.
Ma tante voulait me discréditer. Que cachait ma phrase, pour qu’elle se donne tant de peine ? » p. 63
Tout commence par une étonnante panne technique : la touche point du clavier de la narratrice ne répond plus ! Puis, ce sont les voyelles a et u qui disparaissent. Comment continuer à travailler ? Est-ce que cela signifie quelque chose ? En même temps, une phrase s’impose sans cesse à son esprit, comme un début de souvenir qui tente de revenir à la surface. Que faire ? Jennifer se sent un peu perdue, et n’a que peu d’indices. Sur les conseils de son nouvel amoureux, avocat, elle décide de se lancer dans une reconstitution, certaine que c’est à ce prix qu’elle comprendra la phrase et, surtout, recouvrera sa mémoire comprimée. Le lecteur suit alors Jennifer jusqu’à Perpignan où, tout en se cachant de sa famille, elle s’efforce de revivre la scène. Lucie Rico nous propose un roman vif, à la fois drôle et triste, enjoué et inquiétant, dans lequel langage et mémoire s’unissent pour révéler l’indicible.
Véronique Fouminet
Choses que je croyais perdues, Clémentine Mélois
(deuxième sélection du Prix Goncourt et Deuxième sélection du Prix Fémina)

L’arbalète Gallimard
Date de parution : 20 août 2026
ISBN : 9782073162854, 176 pages
” Depuis les humains n’ont pas trouvé mieux; Ils ont réussi à cartographier la terre, le ciel, les océans. Ils sont parvenus à envoyer des robots sur la planète Mars, ils ont inventé des machines capables de transporter les sons et les images. Mais dans cette déferlante de révolutions techniques, industrielles et commerciales, les femmes et les hommes du monde entier ont continué, à l’heure du repas, à sortir ce simple morceau d’argile pour y servir ce qu’ils s’apprêtent à manger.” p.43
Claire Mélois nous avait émus et séduits avec Alors c’est bien, ( L’arbalète Gallimard, 2024), un récit original sur son père qui a reçu plusieurs prix. Choses que je croyais perdues, raconte la séparation, la fin d’une histoire. Alors qu’elle remplit les cartons pour préparer le déménagement de l’appartement qu’elle doit quitter, souvenirs et histoires lui viennent à l’esprit, suscitées par des objets : une assiette réparée à la manière japonaise Kistungi, boite de cirage, carafe pleine de calcaire, ces choses, précieuses ou ordinaires. Un roman délicat, sur l’alchimie étrange et imprévisible de l’amour. Choses que je croyais perdues fait partie de la deuxième sélection du Prix Goncourt.
Pierre-Pascal Bruneau
Ne cherche pas le chaos, Marion Brunet

Albin Michel
Date de parution : 19 Août 2026
ISBN : 9782226471017, 304 pages
« Il n’ose pas regarder sa fille, un père qui s’effondre c’est impensable, les pères sont forts ou morts. Blessés parfois, mais ils ne pleurent pas. » p. 215
Le roman s’ouvre sur la difficulté de se raconter d’un homme, Pablo. Cependant, un élément est certain ; il se définit comme père de Victoria. Réfugié chilien, il a trouvé l’amour dans les bras de Florence et découvert l’amour absolu à la naissance de sa fille. Mais, dès la première seconde, il a décidé de lui taire son passé de militant de gauche sous la dictature. Evidemment, Victoria grandit et cherche à savoir. Pablo ne lui transmet que quelques chansons et de nombreux poèmes ; jamais il ne veut évoquer ni revoir son pays. Oui, mais, Victoria a disparu ! Où est-elle ? Que lui est-il arrivé ? C’est par des vers envoyés par messages que Victoria fait comprendre à son père qu’elle est au Chili. Il n’a plus le choix, il doit s’y rendre. Marion Brunet conduit le lecteur dans un très beau roman familial entre quête, souvenirs et politique. L’omniprésence de la poésie, le style élégant et les chapitres courts tiennent le lecteur en haleine. Chaque personnage est finement peint, les sentiments élégamment évoqués, l’atmosphère militante, la violence de la dictature restitués avec talent. Pablo, évidemment, est un personnage bien plus complexe qu’il ne le prétend et l’amour que se portent père et fille permet de croire en l’avenir.
Un beau roman, touchant et délicat.
Véronique Fouminet
Nos vies sauvages,Hemley Boum
(deuxième sélection du Prix Renaudot)

Gallimard, collection Blanche
Date de parution : 20 août 2026
ISBN : 9782073123794, 336 pages
” Ils avaient dix-huit ans, ils s’étaient retrouvés mêlés à la foule qui te suivait ce 20 novembre 1990. Tu étais en première ligne, main dans la main avec Mongo Beti et les autres. Tu criais ” power to the people “, et leurs armes avaient crépité, ils avaient ouvert le feu. Vous, les leaders, qui aviez des défenseurs haut placés, des alliés à l’étranger, ils n’ont pas osé vous viser. Ils s’en sont pris à ces jeunes gens anonymes, des enfants qui n’étaient même pas en âge de voter.” pp.10 et 11
Nos vies sauvages raconte le destin croisé de militants opposés au président Biya et celui de membres de la police secrète, puissant bras armé du pouvoir en place. Paul Biya a aujourd’hui 93 ans. Il a été élu et réélu sept fois. Il est au pouvoir depuis plus de quarante-trois années. L’opposition est systématiquement et violemment réprimée. Pourtant Ndolo Elimbi, une avocate, fille d’un avocat longtemps proche du pouvoir, ose s’opposer au régime. Face à elle, la commissaire Zeinabou, âme damnée du chef de la police, contrecarre ses plans. Pourtant la commissaire mène un double jeu. Corruption, violence, jeux de pouvoir, Hemley Boum décrit avec brio, dans un roman au style tendu, un récit passionnant et terrifiant sur le Cameroun d’hier et d’aujourd’hui.
Pierre-Pascal Bruneau